Alpine, la vraie French Touch

ALpine FT

À Dieppe, au cœur du fief historique d’Alpine, des ingénieurs travaillent sur un projet d’alpine routière dont la sortie est prévue pour 2016. Véritable révolution dans le monde de l’automobile… Sachant d’ailleurs qu’Alpine a remarquablement signé son retour en compétition l’an dernier après 18 ans d’absence. Et cette année, la marque est encore extrêmement compétitive, menée d’une main de maître par Philippe Sinault et son équipe. À ce dernier de nous en dire un peu plus sur le retour d’Alpine sur les circuits et sur nos routes…

Concernant la future Alpine de route prévue pour 2016, peut-on parler d’une véritable renaissance de la légendaire Renault Alpine ?

 Philippe Sinault : Il s’agira bien d’une renaissance de cette emblématique voiture, mais avec la mise en avant de la marque Alpine.

 Renault n’aura donc pas la même position que par le passé sur ce projet…

Le projet est porté par Renault, mais Alpine se veut être une marque à part entière. Sur la future voiture de route, et même sur notre voiture de course, vous ne verrez pas le logo ni le mot Renault apparaître contrairement au passé où ils apparaissaient tout le temps. Aujourd’hui, nous avons le désir de nous démarquer et de nous affirmer.

 Cette nouvelle Alpine sera-t-elle davantage orientée vers un modèle de série ou vers un modèle d’exception comme peuvent le faire Lotus ou McLaren ?

Il s’agira d’une vraie voiture de série dessinée avec une volumétrie assez importante et qui sera plus accessible qu’une Mclaren ou qu’une Lotus. Ce futur modèle sera accessible aux alentours des 50 000 euros et son moteur développera entre 250 et 300 chevaux.

 Toutes proportions gardées, aura-t-elle certaines similitudes avec la Renault Sport RS 01 présentée cet été ou encore avec la Renault Alpine A110-50 présentée en 2012 à Monaco ?

Il n’y aura de similitude avec aucune de ces deux voitures. En ce qui concerne la RS 01, il s’agit d’une voiture de course élaborée par Renault Sport qui se veut être une vitrine technologique du savoir-faire Renault. Quant à l’A110-50, il s’agissait d’un hommage aux 50 ans d’Alpine mais la voiture de série sera totalement différente.

Où en est le projet actuellement ?

Il est trop tôt pour présenter quoi que ce soit aujourd’hui même si le projet est bien abouti. Le design de la voiture est quasiment terminé et la phase de conception est en cours. 2015 sera très certainement l’année de la révélation du modèle et 2016 le début de la commercialisation.

Au niveau du design, renouera-t-elle avec l’esprit de certains modèles phares du passé ?

Le modèle phare ayant été l’Alpine A110, il est évident que la nouvelle Alpine s’en inspirera. Ce sera « la berlinette du XXIe siècle » comme se plaît à le dire Bernard Ollivier, le CEO des Automobiles Alpine.

Concernant les courses d’endurance, vous continuez à accumuler d’excellents résultats cette année. Comment envisagez-vous cette fin de saison ?

De la même façon que l’on a envisagé les courses depuis le début de l’année : donner le meilleur de nous-mêmes. On est les tenants du titre, donc on vise encore la première place. Nous avons un package sportif et technique très performant et nous sommes dans l’optique de briller afin de maintenir cette place de leader ou, tout du moins, d’être en capacité de jouer le titre à la dernière course.

 Visez-vous les Championnats du monde d’endurance (WEC FIA) pour l’année à venir ?

Ça fait partie des projets, bien sûr. Mais l’équation financière doit être remplie pour pouvoir y participer dans de bonnes conditions. On attend, également, de la part des organisateurs qu’ils nous aident un peu sur le plan logistique pour permettre à des équipes comme la nôtre de participer à ces Championnats du monde. Car financièrement, aujourd’hui, le pas à franchir est important. Mais il est sûr que c’est une plateforme sportive dans laquelle il nous plairait d’évoluer.

Comment voyez-vous l’avenir d’Alpine ?

Tout montre qu’il s’agit d’une marque très forte, et dont l’ADN est moderne. Alpine devrait donc avoir sa place sur le marché et, comme dans le passé, devrait participer à faire évoluer la compréhension des codes de la voiture de sport, à la française ! Aussi, Alpine est une marque qui est née de la compétition. Ses gènes sont vraiment liés à l’aspect sportif de l’automobile. D’ailleurs, l’émergence de son retour a été possible grâce à la course. Depuis l’année dernière, on essaie, modestement, de remettre la marque Alpine dans le cœur des passionnés d’automobile. Et je pense qu’on y arrive assez bien. On veut leur montrer que cette marque n’est pas morte et qu’elle a de vraies valeurs ; des valeurs qui, d’ailleurs, ont tout leur sens aujourd’hui dans le contexte économique et automobile international. Donc, je vois l’avenir positivement.

L’avenir d’Alpine est donc en partie lié à ses résultats en compétition…

La marque s’appuie vraiment sur notre implication en compétition pour communiquer. Et quand les audits clientèle en amont de la sortie de la voiture sont opérés, on se rend compte que plus de 70 % des gens associent le nom Alpine à la compétition. Tant qu’Alpine aura l’ambition de revenir et sera présente via la bande de ses nouveaux modèles, elle s’appuiera sur un engagement en compétition et, qui plus est, en endurance parce que c’est une plateforme en devenir. On peut d’ailleurs se rendre compte que l’endurance a été choisie par un bon nombre de grands constructeurs pour communiquer, promouvoir et faire valoir la qualité de leurs produits et de leur marque.



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