IESA, l’avant poste

Le dynamisme et l’expansion du secteur de l’art entraînent sa spécialisation et sa professionnalisation. Il faut donc que ses acteurs soient de plus en plus performants et que les futurs professionnels bénéficient de formations de pointe. C’est dans cette optique que l’IESA Art & Culture, établissement privé parisien d’études supérieures, forme des étudiants et des professionnels aux métiers du marché de l’art et de la culture, depuis 1985. Un pôle à la renommée mondiale, comme nous l’explique Boris Grebille, son directeur.

Une des caractéristiques de l’IESA réside dans l’accueil d’étudiants étrangers. Pourquoi ?

Boris Grebille :  Quand on forme des étudiants aux métiers du marché de l’art et de la culture, il est obligatoire de mettre au cœur des formations la diversité culturelle. Le marché de l’art est international. Les productions culturelles, qu’il s’agisse d’expositions ou de spectacles, sont très souvent des coproductions internationales. Les artistes puisent leur inspiration dans des cultures diverses et leurs œuvres s’exportent et s’importent aux quatre coins du monde. Dans ce contexte de création et de diffusion, les acteurs de l’art et de la culture doivent être ouverts sur le monde. Accueillir des étudiants étrangers dans les différents cursus de l’école et créer des enseignements ouverts, particulièrement à des jeunes ou des professionnels venus de différents pays, c’est permettre à l’ensemble des étudiants de l’IESA de bénéficier de cultures et d’expériences complémentaires au sein même de leur formation. Cette ouverture est capitale pour leur compréhension de la création mais également des publics. Nous y sommes en effet très attachés, et poussons également nos étudiants français, dans le cadre d’Erasmus ou d’échanges universitaires extra-européens, notamment aux Etats-Unis, au Japon et en Chine, à pratiquer cette ouverture lorsque nous avons créé une fondation qui se bat pour améliorer l’accès à l’eau potable partout dans le monde.

Est-ce pour cela que vous avez choisi de développer des formations en anglais pour des publics étrangers ?

Oui. Au départ, les premières formations anglophones que nous avons développées étaient destinées à nos étudiants. Il s’agissait de Masters of arts validés par l’Université de Warwick. Elles devaient permettre à nos étudiants français de poursuivre leurs études à Londres après un premier semestre à Paris, mais également d’avoir des séminaires intensifs d’une quinzaine de jours à Florence, à Bruxelles ou à Maastricht. La qualité pédagogique de ces Masters, saluée par de nombreuses distinctions de l’Université de Warwick, et le fait que la formation soit en anglais ont vite fait évoluer le public qui s’est internationalisé. Aujourd’hui, les étudiants français y sont minoritaires. C’est cette réussite académique, qui ne renie pas l’esprit des formations de l’IESA, dont l’objectif est toujours de professionnaliser les étudiants, qui nous a poussé à développer des formations en anglais à Paris. D’abord un MBA en Art and Cultural Management avec notre partenaire Paris School of Business (Groupe ESG) puis, depuis cette année, trois Masters professionnels en Art contemporain (Contemporary Art : sell, display and collecting), Luxe (Art and Luxury Management) et Patrimoine (Tourism and Cultural Management).

Parmi les nationalités présentes, la Chine est particulièrement bien représentée.  Avez-vous mis en place des actions pédagogiques particulières pour ces étudiants ?

Une partie des étudiants chinois, que nous recevons dans nos cursus francophones et anglophones, ont une bonne connaissance de notre culture. En général, ils ont déjà fait une partie de leurs études sur les cultures européennes, ou passé une ou plusieurs années en France. Nous sommes attentifs à leurs besoins mais leur intégration aux formations se passe très bien et il n’est pas rare qu’ils décrochent leur titre certifié par l’Etat avec mention. Pour ceux qui arrivent en France sans cette préparation et qui souhaitent intégrer les différents Masters de l’IESA, nous avons mis en place une première année de Master spécialisée dans la gestion de projets artistiques et culturels qui leur permet d’intégrer plus facilement les cultures administrative, professionnelle et artistique, française et européenne. C’est pour l’IESA une manière de consolider des liens, déjà importants, avec la Chine en adaptant les principes que nous enseignons, surtout, celui d’un accueil et d’une médiation particuliers en fonction des publics afin que la diffusion et l’assimilation des savoirs et des biens culturels soient réussies.