The 13th, l’étalon art

Échaudés par les aléas financiers des dernières années, les investisseurs se tournent de plus en plus vers les fonds d’investissement spécialisés dans les placements artistiques. Acheter des œuvres d’art pour en espérer une certaine valorisation, la formule n’est pas nouvelle, mais la tendance s’intensifie. À tel point qu’il est de plus en plus difficile de faire les justes choix. Dans cette nouvelle jungle, The 13th, fonds franco-américain particulièrement novateur, se démarque par sa démarche et par l’importance qu’il donne au choix des œuvres qu’il met en avant, telles celles de Ghass.. Ebrahim Magshoud, son co-président avec Golan Rouzkhosh (directeur de GRK Gallery et fondateur de French Touch Magazine), nous présente son nouveau challenge et nous fait partager sa vision de l’art, qui est, à ses yeux, bien plus qu’une simple marchandise.

Par Annah Camus

Qu’est-ce qui a justifié, selon vous, la création de The 13th ? Qu’est-ce qui en est à l’origine ?

Ebrahim Maghsoud : Il y a quelques années, j’ai rencontré l’artiste Ghass qui m’a montré son travail. Depuis lors, tous les ans, je viens à Paris et je prends le temps d’aller voir son œuvre. Pour moi, c’est une véritable révolution. Il est apparu évident que les États-Unis avaient besoin de découvrir cet artiste. Il était impensable qu’ils passent à côté de lui. Je crois que le monde de l’art a besoin d’une réelle évolution. L’énergie et l’émotion que dégagent ses œuvres, parfois particulièrement intenses, sont, à mon sens, les parfaits vecteurs pour enclencher cette mutation, ce mouvement global. Aussi, l’omniprésence du nombre 13 chez Ghass, qui n’est pas très bien vu aux États-Unis, m’a donné l’idée de créer un fonds qui s’appellerait The 13th et qui participerait à l’émergence d’une nouvelle façon de voir et de promouvoir la création artistique, et en particulier celle de Ghass. Je veux faire de Ghass le symbole de cette entreprise. Pour répondre à votre question, à l’origine de la création de The 13th, il y a la volonté d’être sûrs que, quand nous investissons dans l’art, nous n’investissons pas sur une simple marchandise, mais dans quelque chose qui permettra d’améliorer la condition humaine. Un peu comme nous l’avons fait lorsque nous avons créé une fondation qui se bat pour faciliter l’accès à l’eau potable partout dans le monde.

Quels sont les moyens que vous avez à disposition pour atteindre cet objectif ambitieux ?

Premièrement, je vis aux États-Unis depuis plus de trente ans. Mes activités m’ont permis de connaître énormément de monde. Des personnes qui se sont tout de suite montrées très intéressées par le projet. Car il ne s’agit pas uniquement d’investir dans l’art, mais bien de changer l’art lui-même. Nous voulons être les vecteurs d’une révolution complète. La plupart des œuvres produites aujourd’hui sont de simples reproductions, sans émotion et sans âme, mais elles prennent une place de plus en plus importante dans nos vies. Nous souhaitons introduire une nouvelle énergie, pleine de vie, d’émotion, dans l’unique optique d’une union globale pour la paix. Tout cela demande des ressources colossales, autant financières que matérielles ou humaines, pour bâtir un réseau qui introduit, éduque et qui fasse petit à petit évoluer le monde de l’art vers une nouvelle forme, plus authentique. Mais on ne peut trouver meilleure motivation. Si l’on ajoute à cela quelques millions de dollars de fonds, une centaine d’œuvres d’art avec, derrière elles, des centaines de pages d’histoire et une équipe de passionnés qui a tant à donner, on obtient un projet palpitant.

Quelles sont les forces de The 13TH ?

La première force de The 13th ? Les ressources pratiquement illimitées que nous avons investies. Ensuite, son équipe, avec des personnes comme Golan Rouzkhosh, avec d’aussi importantes relations. Des médias globaux, comme French Touch Magazine, qui suivent notre développement et, surtout, la figure de Ghass en fer de lance. Nous croyons en Ghass, en son art et nous pensons que The 13th sera le support dont il a besoin et dont le monde a besoin pour mener à bien la révolution dont je vous parlais à l’instant, celle qu’il attend pour changer la vie quotidienne du plus grand nombre de personnes possible.

Quels sont les principaux challenges que doit relever un fonds d’investissement artistique qui opère ou débute aujourd’hui ?

Je pense que le principal challenge est de convaincre les gens. Pour nous, ce sera de les convaincre qu’un artiste vivant peut être à l’origine d’une avancée artistique majeure. Tous les projets, grands ou petits, rencontrent des challenges. Mais ce sont autant de possibilités. Aux États-Unis, il y a énormément d’artistes, notamment à New York ou sur la côte ouest, qui veulent être dans la lumière. La concurrence est rude. Mais l’œuvre de Ghass est si différente, et les fonds derrière lui si importants, que le projet ne peut que réussir ! Ghass doit devenir aussi célèbre que Coca-Cola ou IBM aux États-Unis, pour diffuser les valeurs qu’il porte.

Quels conseils donneriez-vous à un investisseur qui cherche à investir dans l’art à travers un fonds ?

D’abord, il faut s’intéresser à l’histoire de l’artiste. Toute œuvre d’art raconte quelque chose qui la dépasse. C’est le point le plus important. L’art, c’est la vie et Ghass transmet parfaitement ce point fondamental à travers son travail. Ensuite, les investisseurs, et j’en suis un, doivent regarder bien au-delà du gain financier immédiat. Bien sûr, c’est important, mais ce n’est pas l’essentiel. Les racines d’un bon investissement doivent être bien plus profondes. Elles doivent entrer en connexion avec un mouvement spirituel de fond, une révolution. Ce n’est qu’à partir du moment où l’œuvre d’art sur laquelle on mise entre en résonance avec ce mouvement que l’investissement est judicieux. Les retombées financières en découleront mécaniquement. Et, ce qui est bien plus important, les retours émotionnels seront sans commune mesure.