Younes Faghihi, la beauté du geste

Artiste peintre utilisant les formes, les mouvements et la composition de la calligraphie traditionnelle persane, Younes Faghihi exprime son art, porté par la paix et l’amour, dans un élan d’universalité. Artiste peintre utilisant les formes, les mouvements et la composition de la calligraphie traditionnelle persane, Younes Faghihi exprime son art, porté par la paix et l’amour, dans un élan d’universalité.

Par Fabrice Salvadori

C’est à l’âge de dix ans que Younes Faghihi s’initie à la calligraphie persane et qu’il commence à apprendre seul la peinture. Pendant ses études à l’École des Beaux-Arts, il cherchera à créer son propre univers artistique tout en gagnant de nombreux concours. Sortant pour la première fois des frontières de l’Iran en 2010, il est invité à travailler pour la recherche artistique à la cité internationale des arts de Paris : « J’ai toujours rêvé de venir à Paris comme l’ont fait tant de grands artistes que j’admire et qui ont marqué l’histoire de l’art. » La Ville Lumière, où il a élu domicile depuis cinq ans, l’a fortement inspiré : « Quand j’ai commencé à peindre à Paris, j’ai été étonné par ma créativité. Il y a tellement d’énergie, de couleurs différentes, de lieux de culture. Ici, je ne ressens pas de peur, j’ai un sentiment profond de liberté. » Et ses créations en attestent.

L’esprit du mouvement

Derrière les toiles de Younes Faghihi se cache toujours une pensée mouvante, une interprétation différente suivant l’être humain qui les regarde, suivant la sensibilité de l’observateur. « Je veux bousculer les codes et réinventer, par l’art, l’histoire de ma culture persane, la transmettre plus facilement, la faire découvrir et la faire aimer en lui donnant un nouveau mouvement, une nouvelle modernité. » Ce n’est pas la signification des lettres ni des mots qui lui importe mais davantage la beauté de l’écriture, la manière, la structure et le concept : « Pour moi, chaque alphabet est comme une personne ; il renferme un caractère, des sensations, des sentiments ; il transporte une musique, de l’amour… et c’est ce que je veux montrer. Je n’écris pas du tout de phrases. J’utilise la forme de la calligraphie comme moyen d’expression. » Il s’agit donc de créer un nouveau langage, vecteur d’émotions et de sentiments : « Je peins pour avoir un langage international. Pas particulièrement persan ou arabe. Je cherche à tendre vers un langage universel. »

Aussi, derrière son œuvre se cache un éternel message de paix et d’amour lié à une réalité vécue de l’intérieur par l’artiste : « Je pense souvent à l’amour parce que si l’amour n’existait plus, on ne pourrait plus vivre. Toute ma vie, j’ai pensé à la paix parce que je suis né dans le sud de l’Iran en 1981 au début du conflit entre l’Iran et l’Irak. Jusqu’à mes huit ans, j’ai donc vécu au cœur de la guerre. J’ai perdu mon père à cause d’elle. C’est aussi pour cela que la paix est très importante pour moi. Je ne veux pas que des gens meurent pour rien. Cette volonté de préserver la paix et l’amour me vient donc de mon enfance. Et c’est cet amour et cette paix que je veux exprimer dans mes peintures. »